Interview : Martine Berthet, sénatrice de Savoie

Interview : Martine Berthet, sénatrice de Savoie

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Adjointe au maire d’Ugine de 2001 à 2014, première femme maire d’Albertville de 2014 à 2017, conseillère départementale depuis 2015, Martine Berthet a été élue sénatrice de la Savoie en 2017.

Quel regard portez-vous sur la situation économique du département ?


La situation économique du département est dynamique. Si l’on prend en compte différents indices, nous sommes meilleurs en Savoie qu’aux plans régional et national (moins 2 points pour notre taux de chômage par rapport au national). Ce qui est positif, c’est que ce dynamisme, cette reprise, profitent à tous nos secteurs économiques et à tous les secteurs géographiques du département ; moindres cependant pour la vallée de la Maurienne sur certaines activités.

La contrepartie est que cette bonne activité et notre faible taux de chômage génèrent des problèmes de recrutement pour nos entreprises dans de nombreux secteurs tels l’industrie, l’hôtellerie-restauration, le service à la personne.

Pôle emploi, qui vient à ce sujet en soutien aux employeurs, se heurte à la difficulté de trouver des demandeurs d’emploi qualifiés pour les offres proposées. Il reste encore un gros travail à réaliser de mise en adéquation des formations aux besoins, malgré les liens avec les entreprises déjà mis en oeuvre par l’Université Savoie Mont-Blanc.

 

Quelle carte doit jouer le département pour améliorer encore son attractivité ?


Le département, à travers son agence économique et ses ramifications territoriales, devenues à présent un « pôle » délocalisé spécifique d’Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises depuis la prise de compétence par la Région, a depuis plusieurs années une « longueur d’avance ».

Mais vous le savez, rien n’est jamais acquis. Pour rester compétitif le département se doit de travailler en premier lieu ses voies d’accès et de déplacement, tant par la route que par le train. Cette question est primordiale, notamment pour l’économie touristique. L’accès aux stations semble de plus en plus compliqué et impacte une bonne partie de notre département chaque hiver.

Je m’attacherai particulièrement à la question du transport par câble dans la future loi de mobilité qui sera proposée au Sénat en 2019. Quelques communes travaillent déjà dans ce sens ; ce mode de déplacement paraît être une bonne solution couplée à une offre suffisante de stationnement en vallées.

Un autre point est l’accès au très haut débit pour les entreprises, nécessaire au transfert des gros fichiers mais aussi au télétravail, qui est une alternative aux problèmes de déplacement quand cela est possible.

Le Conseil départemental met en oeuvre actuellement un programme d’équipement en fibre et en 5G, qui vise à ce que tous les territoires savoyards bénéficient du très haut débit d’ici à 2023.

 

Comment abordez-vous les sujets nationaux ayant des conséquences locales ?


Un premier point concerne nos stations. La question de la fiscalité, des dotations mais surtout des péréquations et de leurs ressources budgétaires plus globalement, est primordiale. Il faut laisser aux communes touristiques de montagne les moyens de leur développement, de leur compétitivité. Elles ne doivent pas prendre de retard par rapport à nos voisins suisses ou autrichiens, ni à l’international.

Le second sujet est le chantier ferroviaire du Lyon-Turin qui apporte une activité économique importante, de l’emploi, à l’ensemble de notre territoire savoyard, mais bien au-delà aussi. Sur ce dossier, il reste à régler la question des futures voies d’accès : car en plus de la question économique nationale et internationale de ce dossier, il y a la question environnementale et de santé de nos concitoyens. Les parlementaires du département, toutes sensibilités confondues, ainsi que le président du Conseil départemental, sont en phase sur ce sujet, pour lequel nous avons participé ensemble récemment à un rendez-vous à Matignon.

Enfin le dernier point sur lequel il faudra se battre, je m’y emploierai également, est l’enjeu du coût de l’énergie pour nos industries électro-intensives. Là aussi la question est celle du maintien de leur compétitivité à l’international.

 

Quelle est votre position sur la question de la privatisation de la gestion des barrages hydroélectriques ?

 

Tout d’abord, il s’agit bien en effet de la question de la gestion uniquement, avec le renouvellement des délégations de service public qui doit intervenir. Le propriétaire des barrages restant bien l’Etat français.

Il est pour moi essentiel de privilégier une gestion nationale voire territoriale des barrages français, mais les règles européennes nous obligent à une mise en concurrence. Il y a des enjeux économiques, des enjeux de sécurité et de connaissance des territoires.

Localement, ces points sont très sensibles. Les élus locaux disent vouloir privilégier des acteurs ayant déjà une bonne connaissance de ces installations, tels EDF ou la CNR. La création de SEM sur un mode public-privé (collectivités territoriales-entreprises) est également à l’état de réflexion et pourrait être envisagée.

 

Comment pouvez-vous peser sur le dossier ?


J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu dans le cadre du groupe de travail énergie dont je fais partie au Sénat. En complément, j’ai déposé le 7 juin une question écrite au ministre de la Transition écologique et solidaire afin de savoir officiellement et précisément comment le gouvernement entend répondre aux exigences de l’Union européenne, sans défaire le modèle de gestion actuel et sans augmenter la facture d’électricité de nos entreprises. La réponse qui m’a été faite (publiée dans le J.O. Sénat du 21 juin 2018 - page 3156) me semble aller dans le bon sens.

 

Consulter l'interview complet dans le Partenaires Savoie n°139 d'octobre 2018

 

  • Que pensez-vous des mesures annoncées ou déjà engagées en faveur des entreprises depuis l’élection du nouveau président de la République ?
  • Comment abordez-vous les conclusions du rapport Notat – Sénard sur l’évolution de l’objet social des entreprises ?
  • Selon vous, la réforme de l’apprentissage est-elle sur la bonne voie ?
  • Et que penser de la notion de seconde chance accordée à un chef d’entreprise après un échec ?
  • Qu’attendez-vous de la loi PACTE, dont le Sénat aura à débattre dans les prochaines semaines ?

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