Entretien : Jean-Pierre Vial, Sénateur de Savoie

jean pierre vial CCI Savoie

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Conseiller général de 1982 à 2015, Jean-Pierre Vial a présidé le département de 2002 à 2008. C’est sous sa présidence que le projet d’Institut national de l’énergie solaire (Ines) est devenu réalité.

L’ancien maire des Echelles et du Bourget-du-Lac est sénateur de la Savoie depuis 1995.


Quel est votre regard sur la situation économique du département ?


La situation, en chiffres, de la Savoie est bonne, voire très satisfaisante, tant au regard des données nationales qu’au regard des données régionales. Au-delà des chiffres, il convient de regarder comment se passent les choses. Face à ce faible taux de demandeurs d’emploi, la principale préoccupation c’est la difficulté que rencontrent les entreprises pour recruter, dans tous les secteurs. Les réformes de la formation et de l’apprentissage arrivent au bon moment pour voir si ces mesures seront susceptibles d’accompagner les entreprises.

 

 

En attendant ces réformes, quels sont les outils à mettre en oeuvre immédiatement pour permettre aux entreprises de recruter ?

Les difficultés ne sont pas exactement les mêmes selon les secteurs du territoire. Les réponses à apporter ne seront pas les mêmes en Tarentaise et Maurienne avec le tourisme ou dans la cluse de Chambéry. Il y a toujours une inertie entre les réformes législatives et l’attente économique, qui est immédiate. C’est, malheureusement, à cette épreuve du feu que nous pourrons juger de l’efficacité des réformes. La réforme chamboule l’organisation des acteurs or l’apprentissage, la formation en alternance constituent un formidable gisement. La question est de savoir si nous aurons un outil mieux adapté aux attentes des entreprises et si le temps de réponse sera plus rapide. Actuellement, des chefs d’entreprise, notamment dans l’hôtellerie, sont obligés d’aller recruter à l’étranger alors que d’autres ferment quelques jours par manque de personnel.

 


Qu’attendez-vous de cette réforme ?


Je me félicite que cette réforme ait été engagée. Elle était nécessaire. Avec une remise à plat des acteurs et de l’organisation. Au niveau des acteurs, la question est la faible place laissée à la région, qui était l’acteur majeur garant du lien avec l’économie des territoires. La mise en place des pôles régionaux nous dira si cette organisation est satisfaisante. Personnellement, je regrette que les régions n’aient pas une place plus forte, même si le gouvernement dit qu’elles peuvent prendre toute leur place si elles le souhaitent. Car c’est au niveau régional que va se redéfinir la politique des acteurs. Il faut que chacun trouve sa place. Je n’ai pas de souci pour les grandes branches professionnelles qui sont les grandes gagnantes de la réforme. Elles sauront faire entendre leur voix. Qu’en sera-t-il pour les secteurs où il n’y a pas de branches professionnelles ou quand elles sont faibles ? Il faudra veiller à ce que les métiers les plus fragiles ne soient pas laissés pour compte. C’est là que devra intervenir France Compétences, dont le rôle est d’être l’observatoire national et de donner les informations pour que les plateformes régionales adaptent leur politique, sachant que les plans de formation pourront être révisés tous les cinq ans. Cette architecture nous emmène vers une nouvelle organisation. Le dispositif sera-t-il suffisamment incitatif pour les PME et les artisans ? Si l’on veut soutenir l’artisanat et que la formation par alternance fonctionne, il faut des entreprises d’accueil.

 


Quelle carte la Savoie doit-elle jouer pour améliorer encore son attractivité ?


L’attractivité de la Savoie est réelle, il faut la conserver. Le département a toujours été très actif et a voulu conserver sa qualité environnementale. Il faut tout faire pour conserver cette exigence qui est une signature. Encore plus aujourd’hui qu’hier. Cette capacité d’attractivité est différente selon les secteurs. Pour le tourisme et les stations, il est nécessaire que les communes conservent leurs capacités d’investissements et que la fiscalité ne les mette pas en difficulté. Les communes de France sont égales et à la fois très différentes avec de surcroît la spécificité montagne. C’est très vrai pour les communes engagées dans le développement touristique. Dans la cluse de Chambéry, il y a une vraie interrogation. La démographie progresse très fortement avec deux enjeux : le coût de l’immobilier et ses conséquences sur l’attractivité économique et la mobilité avec le poids croissant du trafic de transit.

 



Lire l'intégralité de l'article sur Partenaires Savoie n°140 de décembre 2018

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