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Articles de presse

Génocide arménien: Ankara gèle sa coopération politique et militaire avec Paris
AFP, Ankara – 22/12/2011

 

La Turquie suspend sa coopération politique et militaire avec la France qui a voté jeudi une proposition de loi réprimant la contestation du génocide arménien, nié depuis toujours par la Turquie, a déclaré le Premier ministre turc, en lançant de graves accusations contre Paris.

Recep Tayyip Erdogan a annoncé devant la presse la suspension des visites bilatérales, le rappel pour consultations de l'ambassadeur de Turquie en France et indiqué que "les exercices militaires conjoints avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays ont été annulées" en signe de protestation contre l'adoption de ce projet.

La Turquie décidera désormais au cas par cas pour toute demande militaire française d'utiliser son espace aérien et "rejette dorénavant toute demande française pour ses bâtiments de guerre de visiter les ports turcs", a souligné le chef du gouvernement turc.

Ce dernier a expliqué qu'il s'agissait là d'un premier train de sanctions contre la France, alliée de la Turquie au sein de l'Otan, et que "graduellement" d'autres mesures pourraient être mises en œuvre.

"Nous révisons nos relations avec la France", a déclaré M. Erdogan qui a expliqué que la Turquie ne participera pas à un comité économique mixte France-Turquie prévu en janvier à Paris et annulait des projets de jumelages avec la France au sein de l'Union européenne (UE).

La Turquie met aussi fin aux consultations politiques avec la France, a dit M. Erdogan. Les deux pays étaient en dialogue étroit sur des dossiers régionaux, notamment la Syrie. "Malheureusement cette proposition de loi a été adoptée malgré tous nos avertissements (...) Cela va ouvrir des plaies irréparables et très graves dans les relations bilatérales", a-t-il dit, dénonçant une volonté des législateurs français de faire de la politique sur "le racisme, la discrimination et la xénophobie".

M. Erdogan s'en est particulièrement pris au président français Nicolas Sarkozy, l'accusant d'avoir instrumentalisé le génocide arménien à des fins électoralistes, à l'orée des présidentielles en France en 2012.

"L'Histoire et les peuples ne pardonneront pas à ceux qui exploitent les faits historiques à des fins politiques", a estimé M. Erdogan, qui s'est en revanche abstenu d'annoncer des sanctions commerciales contre la France, important partenaire économique de son pays. Le volume bilatéral des échanges s'est chiffré à prés de 12 milliards d'euros en 2010.

Malgré les nombreux avertissements d'Ankara qui a dépêché plusieurs délégations à Paris, les députés français ont voté jeudi une proposition de loi pénalisant d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915, qui a fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens.

La Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation, mais non par une volonté d'extermination.

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