Les produits agricoles en quête de nouveaux débouchés

Les produits agricoles en quête de nouveaux débouchés

Coronavirus - COVID-19

En Savoie, de nombreux agriculteurs sont à la recherche de nouveaux clients pour leur production. Les supermarchés sont sollicités pour faciliter leurs démarches.

Lundi 16 et mardi 17 mars, la fermeture des établissements scolaires, des restaurants, en altitude comme en plaine, et les incertitudes sur l’organisation des marchés de plein air ont mis à bas tous les équilibres de la filière agroalimentaire savoyarde. Dans certains cas, le manque à gagner peut aller jusqu’à 90% du chiffre d’affaires et les stocks s’entassent. Partout sur le territoire, les grandes surfaces concentrent l’essentiel des ventes.


« Le préfet de la Savoie a organisé une conférence téléphonique réunissant les chambres consulaires et les représentants de la grande distribution pour trouver des solutions concrètes pour aider les agriculteurs et les producteurs locaux à vendre leur marchandise. La profession a immédiatement donné son accord de principe. Pour certains établissements, la mise en place est rapide car ils travaillent déjà avec des agriculteurs et des transformateurs locaux », explique Bruno Cordat, élu de la Chambre de commerce et d’industrie de la Savoie, à la tête de deux magasins Intermarché en Maurienne.


La Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc tient à jour une liste de produits disponibles en Savoie et en Haute-Savoie. Pour autant, il sera difficile de trouver des débouchés locaux pour l’ensemble des agriculteurs et des producteurs. « Je travaille déjà avec une vingtaine d’agriculteurs et une douzaine de viticulteurs. Je peux augmenter le nombre de références et les volumes, mais pas tant que cela, au risque de créer de la concurrence entre mes fournisseurs. La coopérative de Haute-Maurienne ayant beaucoup de stock, nous allons privilégier leur beurre. En revanche, les mesures de confinement ont empêché le bon déroulement des fêtes de famille à Pâques et nous avons moins vendu d’agneau. C’est un manque à gagner pour l’éleveur avec qui je travaille chaque année  », détaille Bruno Cordat.

 

« Quand nous le pouvons, nous augmentons les volumes »

Gérant du magasin Biocoop de Grésy-sur-Aix, Pierre Trescarte est étonné de devoir témoigner sur le sujet. « Travailler avec les producteurs locaux, fait partie de l’ADN de Biocoop. Le commerce équitable « nord-nord », ce n’est pas nouveau pour nous. Depuis l’ouverture du magasin, en 2010, nous travaillons avec une quarantaine d’agriculteurs et transformateurs locaux. La crise actuelle ne change pas notre manière de faire. Nous disons « oui » aux quelques producteurs qui nous appellent car ils ne peuvent plus vendre sur les marchés. Le plus souvent, il s’agit de petits volumes car la saison de maraichage débute à peine. Pour les produits laitiers, c’est plus compliqué pour eux depuis que les cantines collectives et les restaurants ont fermé, alors quand nous le pouvons, nous augmentons les volumes de lait, de yaourt, de fromage de nos fournisseurs habituels », détaille-t-il.


A la Chambre, Béatrice Emin a vu l’activité de son entreprise s’effondrer. Spécialisée dans le commerce et la préparation de viande en gros, l’entreprise Emin Viandes s’adapte au rythme des saisons touristiques. « Nous travaillons avec les restaurants, à 80%, et avec les quelques supermarchés. Les restaurants ont tous fermé et la moitié des supermarchés ont réduit leurs volumes quand les touristes ont quitté les stations. Nous sommes une petite structure. Nous pouvons tenir un peu, mais il faut que l’activité reparte », explique Béatrice Emin. La saison hivernale perdue, il faudra également s’adapter à la perte des marchés liés à l’organisation d’événements festifs et populaires dans les stations durant l’été. Seule éclaircie dans ce contexte particulier : « Les conditions météo font que les gens modifient leurs habitudes. C’est déjà la saison des barbecues. Nous fabriquons déjà des saucisses. »

 

« Des collègues galèrent vraiment »

 

A Beaune, au-dessus de Saint-Michel-de-Maurienne, Amandine et Léonard Costerg Mousset exploitent la ferme du Fardelier depuis 10 ans.

Le lait bio des 85 brebis Thônes et Marthod est transformé en fromages et en yaourts vendus sur l’exploitation, sur le marché hebdomadaire de Saint-Michel et dans des magasins Biocoop du département.

 

 

 

« La vente directe, à la ferme et au marché, représente 50% de notre chiffre d’affaires. Quand le marché de Saint-Michel était fermé, nous nous sommes organisés. Les clients venaient à la ferme. Depuis la réouverture du marché, l’activité est bonne, voire meilleure qu’avant, avec de nouveaux clients. Il s’agit de personnes plus jeunes, qui d’habitude sont au travail. La première semaine, beaucoup de locaux ont appelé pour connaître nos produits et nos horaires. Nous travaillons avec deux Biocoop de la vallée depuis notre installation. Nous fournissons trois magasins de plus depuis l’année passée. Tout se passe bien avec eux. En revanche, nos collègues qui ne vendent qu’en direct et qui ont perdu le marché de Saint-Jean-de-Maurienne galèrent vraiment. C’est dans une telle situation qu’on se rend compte que nous manquons de collectif et qu’il est difficile de lancer des actions de promotion de nos produits en partant de rien », souligne Amandine Costerg Mousset.

Depuis le début du confinement, Amandine a aussi dû aménager son emploi du temps. Maman de deux fillettes de 6 et 8 ans, elle fait désormais la classe à la maison. « Il faut faire preuve d’organisation et de patience, mais ça se passe bien. Les filles sont « cool », mais avec la traite, la fabrication, la vente et l’administratif, les journées sont vraiment très chargées ».

 


 

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